
Passionné de montagne, de trail et d’impression 3D, Adrien Payan a trouvé une manière originale de réunir ses deux univers : l’ingénierie et l’outdoor. Après avoir expérimenté l’impression 3D sur différents projets, il imagine QairnMaps pour donner une nouvelle dimension aux traces GPS de ses aventures. Le principe : importer un parcours et le transformer en une carte 3D personnalisée, reproduisant le relief et l’itinéraire parcouru. Fabriquées à la demande dans son atelier lyonnais, les cartes peuvent également être personnalisées avec des textes et un cadre en bois gravé. Déjà adoptées par des particuliers, des offices de tourisme et des événements sportifs, elles continuent d’évoluer. Adrien travaille aujourd’hui sur de nouvelles possibilités de personnalisation et explore de nouveaux usages, notamment autour de la plongée.
Qui es-tu ?
Je m’appelle Adrien Payan. Je suis ingénieur en mécanique de formation et basé à Lyon. Je suis également passionné de montagne, de randonnée, de trail et d’impression 3D. Depuis le début de l’année 2026, je suis aussi le créateur de QairnMaps.
Aujourd’hui, tu conçois et fabriques des cartes 3D personnalisées. Quel a été ton parcours pour en arriver là ? Comment as-tu découvert l’impression 3D et qu’est-ce qui t’a donné envie d’en faire un véritable savoir-faire ?
Ma formation d’ingénieur m’a donné le goût de la conception et de la résolution de problèmes. J’ai assez vite commencé à réaliser de petits projets d’électronique pour m’amuser, puis j’ai acheté une imprimante 3D pour aller plus loin. À l’époque, ces machines étaient chères pour des capacités encore limitées, mais le fait d’en posséder une a été une véritable révélation.
J’ai rapidement commencé à créer mes propres objets et à les partager sur des plateformes comme Thingiverse. L’expérience m’a vraiment plu et m’a donné envie, à terme, de créer une entreprise autour de l’impression 3D.
Comment est née l’idée de QairnMaps ? Quel a été le déclic qui t’a donné envie de lancer ce projet mêlant randonnée, cartographie et impression 3D ?
L’idée est née au retour d’un voyage en Thaïlande, lorsque j’ai voulu imprimer un modèle réduit d’une île où nous avions passé un moment. J’avais réussi à trouver un modèle et à l’imprimer, mais il était peu détaillé et monochrome. J’en étais donc resté là.
Quelques années plus tard, dans l’entreprise où je travaillais à l’époque, nous avons acheté une imprimante 3D dotée de capacités multimatériaux. L’idée m’est alors revenue et, après quelques essais, j’ai découvert qu’il était désormais possible de la concrétiser. Je me suis alors lancé dans le développement de QairnMaps.

Peux-tu nous présenter QairnMaps et la vision qui porte ce projet ? Quelle expérience souhaitez-vous proposer aux randonneurs à travers ces cartes 3D personnalisées ?
QairnMaps est à la fois une plateforme web de personnalisation de cartes et un atelier d’impression 3D consacré à leur fabrication.
Le concept est de proposer une expérience complète à l’utilisateur qui souhaite conserver un souvenir de sa randonnée ou de sa course. Il dépose sa trace sur notre site, puis personnalise entièrement sa carte de manière autonome. Nous la fabriquons ensuite dans notre atelier avant de la lui envoyer.
Notre vision est de faire passer un souvenir sportif ou un attachement à un territoire du numérique au réel. Nous voulons proposer un objet à la fois personnel, décoratif et lisible, qui rappelle immédiatement une aventure : un premier trail, un trek, une ascension, un voyage à vélo ou une montagne familière. L’expérience doit rester simple, même si toute la technologie nécessaire à la création de la carte est complexe.

Comment une simple trace GPX ou Strava devient-elle une carte 3D unique ? Quelles sont les principales étapes de conception et de fabrication dans votre atelier lyonnais ?
Tout commence dans notre configurateur. L’utilisateur importe sa trace ou choisit la zone qu’il souhaite représenter. Notre système récupère les données d’altitude correspondantes, génère le relief en trois dimensions, puis y associe notre fond de carte simplifié et le parcours de l’utilisateur. Ces éléments sont ensuite renvoyés au site afin d’afficher un aperçu 3D interactif, qui permet de visualiser le résultat avant de commander.
Nous préparons ensuite, grâce à un logiciel que nous avons développé, les différents modèles nécessaires à l’impression multicolore : le terrain de base, les différentes couleurs de surface, la trace, les textes et les éventuels repères.
La carte est alors imprimée en 3D, parfois pendant plusieurs dizaines d’heures selon son format. Elle est enfin contrôlée, nettoyée, assemblée avec ses éventuelles options, puis emballée et expédiée.
Si un cadre en bois a été commandé, il faut ajouter une étape de gravure et de découpe laser du cadre, suivie de l’application du vernis.

Quelles sont aujourd’hui les possibilités offertes aux utilisateurs pour créer une carte qui leur ressemble et quels sont les éléments les plus demandés ?
Les utilisateurs peuvent choisir le lieu et l’emprise de la carte, son format, les échelles verticale et horizontale, le rendu du parcours ainsi que les différents textes inscrits sur les quatre faces. Ils peuvent également ajouter directement dans le configurateur un cadre en bois gravé et en choisir les textes.
Enfin, selon le modèle, ils peuvent ajouter des accessoires, comme des accroches pour fixer les cartes entre elles ou des pieds aimantés pour transformer la carte en magnet.
Toutes les options sont assez demandées. Environ un tiers de nos commandes comportent un cadre. Le format le plus populaire est le format moyen de 15 × 15 cm, mais nous réalisons aussi régulièrement de grandes cartes de 30 × 30 cm, dont l’impression s’étale sur plusieurs jours.

Quels ont été les principaux apprentissages ou difficultés rencontrés depuis le lancement de QairnMaps ?
La principale difficulté a été de rendre simple pour l’utilisateur un processus qui ne l’est pas du tout en coulisses. Il faut réunir cartographie, données d’altitude, modélisation 3D et fabrication, tout en gérant des terrains, des parcours et des échelles extrêmement variés. Une carte représentant quelques sommets alpins ne pose pas les mêmes problèmes qu’un parcours très long ou qu’une zone presque plate.
J’ai également appris à passer du prototype à une production fiable et répétable. Les temps d’impression sont longs, les pièces peuvent être très différentes et le moindre défaut peut imposer de recommencer. Identifier les principaux leviers permettant d’augmenter le taux de réussite des impressions a donc été un point clé.
Enfin, QairnMaps m’a demandé d’apprendre bien au-delà de la technique : écouter les usages, présenter le projet et le faire connaître, travailler avec des partenaires et construire progressivement une entreprise autour du produit. Ce sont surtout ces aspects « non techniques » qui m’ont le plus fait sortir de ma zone de confort.
Toutes vos cartes sont fabriquées dans votre atelier à Lyon. Pourquoi avoir fait le choix d’une production locale et comment le numérique vous permet-il de donner vie à ces objets, de la trace GPS jusqu’à la pièce finale imprimée en 3D ?
La production locale est cohérente avec la nature même du projet : nous ne fabriquons pas des séries standardisées, mais des pièces personnalisées, produites uniquement lorsqu’elles sont commandées. Fabriquer à Lyon nous permet de suivre chaque carte, d’ajuster les paramètres si nécessaire, de contrôler la qualité et de rester très réactifs. De plus, avoir directement la main sur la fabrication est aussi ce qui nous plaît et nous motive dans ce projet.
Le numérique relie toutes les étapes. Une trace enregistrée sur un téléphone ou une montre devient une donnée géographique, puis un modèle de terrain, un aperçu interactif et enfin un fichier de fabrication. L’impression 3D permet ensuite de matérialiser cet ensemble, couche après couche.
Depuis la création de QairnMaps, quelles ont été vos plus grandes satisfactions ? Y a-t-il une création, un retour client ou une aventure qui vous a particulièrement marqué ?
Les retours les plus marquants sont ceux des personnes qui reconnaissent immédiatement leur aventure dans la carte et racontent spontanément ce qui s’est passé à tel col ou à tel endroit du parcours. À ce moment-là, l’objet joue exactement le rôle que nous avions imaginé : il ravive un souvenir et donne envie de raconter une histoire.
Nous avons aussi eu la chance de travailler sur des projets très différents : des cartes exposées dans des offices de tourisme, notamment aux Carroz, des cartes-trophées réalisées pour le Raid CentraleSupélec, ou encore notre participation au Nantes Maker Campus. Voir QairnMaps trouver sa place aussi bien chez un particulier que dans un lieu touristique ou lors d’un événement sportif est une vraie satisfaction.

Sur quels projets travaillez-vous actuellement ? Quelles sont les prochaines évolutions de QairnMaps et où pourra-t-on découvrir vos futures créations ?
Nous travaillons actuellement à enrichir le configurateur, à améliorer encore les possibilités de personnalisation et à développer de nouveaux usages. Nous avançons, par exemple, sur la possibilité d’ajouter des marqueurs sur la carte pour signaler des sommets ou des points d’intérêt, mais aussi sur des cartes en relief de sites de plongée destinées à faciliter les briefings.
Nous souhaitons également poursuivre les collaborations avec les offices de tourisme, les stations, les organisateurs de trails et d’autres acteurs de l’outdoor. Les prochaines créations et évolutions seront présentées sur qairnmaps.com et sur nos réseaux sociaux, notamment Instagram : @qairnmaps.
