Portrait de Maker #85 : Laurent Turpin

Avec plus d’une corde à son arc, Laurent Turpin est avant tout un Maker. Musicien et amateur de musique depuis toujours, Laurent est le créateur de Second Life Vintage Création qui consiste à utiliser les nouvelles technologies pour faire revivre des appareils audio vintage. Il est également le fondateur du collectif Le Roch’Lab, un tiers lieu culturel et créatif né en 2018. Armé d’une créativité débordante et d’un savoir-faire manuel, Laurent ne cesse de travailler sur de nouveaux projets.
Qui es-tu ?

Je suis Laurent Turpin, upcycling performer, créateur de Second Life Vintage Création et fondateur du collectif Le Roch’Lab.

Manuel et touche à tout, tu as fondé Second Life Vintage Création qui consiste à utiliser les nouvelles technologies (Bluetooth, wifi, etc..) pour faire revivre des appareils audio vintage des années 1930 à 1980 (radios, transistors, tourne-disques). Quel a été ton parcours et d’où te vient cet intérêt pour les vieux appareils ?
Animateur, sculpteur, bricoleur, enseignant, électronicien, ingénieur réseaux, ingénieur d’affaires, j’ai passé 35 ans baignés dans la technologie et ai toujours pratiqué en parallèle une activité manuelle et créatrice. Musicien et amateur de musique depuis toujours, j’avais depuis longtemps cette envie en tête de pouvoir écouter ma musique préférée à partir d’un bel objet.
Comment est né Second Life Vintage Création ? Quel a été l’élément déclencheur ?
Après un burnout en 2015, j’ai choisi de changer radicalement de voie. J’ai ressorti cette idée, rendue possible par la maturité des technologies Bluetooth permettant le retrofit, et en ai fait mon projet professionnel. Le choix du nom de « Second Life » m’est tombé sous le sens : je me lançais dans une nouvelle vie pour donner une deuxième vie à toutes ces vieilles radios magnifiques qui dorment dans les greniers depuis des décennies.
Avec la crise sanitaire, bon nombre d’activités ont été impactées. Qu’en est-il pour Second Live Vintage Création ?
En 5 ans, j’ai construit une offre complète (2 puissances d’amplification, un couplage sans fil de deux radios, des options (entrée/sortie jack, récepteur FM, lecteur USB, bouton de volume, télécommande infrarouge, éclairage oeil magique, intégration de platine vinyle) et ai développé depuis 3 ans une gamme de kits DoItYourself. Avec la crise sanitaire, j’ai boosté la gamme de kits (+20 versions disponibles) que j’expédie dans toute l’Europe via 3 marketplaces (Rebelote.co pour la démarche seconde main et Économie Sociale et Solidaire, eBay et amazon pour toucher les clients européens).
À ce jour, combien d’appareils as-tu remis en état et quel est ton modèle préféré, ton coup de cœur ?
Plus de 500 radios TSF des années 30 à 60, transistors des années 55 à 65, meubles radio des années 40-50 sont passés entre mes mains. Réparées, embellies, nettoyées et greffées de technologie. Difficile de donner une préférence, je les aime toutes, car elles ont toutes un charme. J’aime les designs originaux en bois ou bakélite, mais aussi les transistors que j’équipe de batterie li-Ion. Mon coup de coeur va aussi vers les radios détournées comme celle dans le style Skull ou steampunk où je remets des boutons en forme de crâne, imprimés en 3D avec du PLA Bois.
Tu fais également partie du Roch’Lab, un tiers lieu culturel et créatif. Peux-tu nous en dire davantage sur ce lieu, les membres qui le font vivre et son fonctionnement ?
Le Roch’Lab est un tiers lieu culturel et créatif né en 2018, qui rassemble 14 créateurs engagés dans l’économie circulaire via le réemploi de matières de seconde main ou l’utilisation de matières naturelles ou zéro déchet.
Réparti sur 2 lieux : un atelier de coworking et une boutique de créateurs, nous mettons en place des outils communs pour les créatifs et des actions et prestations pour sensibiliser le public au recyclage créatif et faire connaître nos métiers et nos techniques. En 3 ans nous avons organisé ou accueilli des expos, des performances, un festival du recyclage créatif (le Recyclon), des résidences d’artistes, un tournage de clip de rap, une restauration de manège.
Le site LeRochLab.fr porte depuis novembre un catalogue d’ateliers-stages où tout le monde peut consulter les contenus, le planning et réserver en ligne.
Nous avons désormais une offre de prestations d’animation au recyclage que sollicitent des collectivités pour agrémenter un lieu ou un événement. Nous sommes aussi porteurs de projets d’expérimentations de réemploi de matières issues d’entreprises pour faire émerger de nouvelles filières avec une touche créative.
Nous allons cet été, pour une collectivité, fabriquer en projet collectif des mobiliers de jardins à partir de plaques dibon d’une ancienne exposition photo.
Quel est ton rôle au sein du Roch’Lab, quelle est ta spécialité ?
Je joue le rôle de coordinateur, animateur, un peu multicasquette (webmaster, planificateur) et suis secondé par une équipe dynamique.
Depuis peu, Le Roch’Lab propose des boutiques en ligne sur son site internet. Que peut-on y trouver et qui peut vendre ses créations, est-ce réservé aux membres du Roch’Lab ?
Au moment du confinement de novembre, nous avons rejoint Rebelote.co, une startup nantaise engagée dans l’économie circulaire et l’ESS et qui a ouvert une rubrique créations. On y trouve la plupart des produits des créateurs adhérents du Roch’Lab proposés dans la boutique physique Behu’Art à Behuard.
Le site du RochLab propose aussi à l’achat les bons cadeaux pour les ateliers-stages.
Nous avons le projet à venir d’accueillir en ligne d’autres créateurs pratiquant le recyclage créatif, les produits naturels et le zéro déchet en développant une marketplace où chacun serait présent dans la boutique commune et aurait à terme possibilité de faire héberger son propre site avec une e-boutique personnelle profitant du moteur de paiement commun.
Tu as développé de nombreux projets, quels sont-ils ?
En parallèle de l’offre de radio désormais mature, j’ai développé d’autres projets sonores. Le premier Vino Vinyle est une enceinte Bluetooth, pour les amateurs de vin et de musique, sur le principe de l’enceinte plan, faite à partir d’un morceau de tonneau vertical et d’un disque vinyle thermoformé en pavillon.
Le second, en cours, est très innovant permettant de transformer un objet quelconque en récepteur Bluetooth sans haut-parleur apparent.
Parmi ces projets, as-tu rencontré des difficultés lors du développement, si oui comment as-tu fait pour y remédier ?
En 2017 j’ai mis au point pour les radios une version wifi basée sur un raspberry permettant de lire le streaming musical (deezer, quobus, etc..) et les webradios.
J’ai finalement abandonné le projet bien que fonctionnel et séduisant, car je n’avais pas les moyens de gérer automatiquement les mises à jour d’une radio rendue chez un client qui devait passer par un développement logiciel et un backoffice en ligne.
Je retravaille actuellement sur une nouvelle solution prometteuse basée sur un asic et qui sera multiroom.
Sur quoi travailles-tu en ce moment ?

Je travaille sur un système de sonorisation en mode mesh permettant de synchroniser sans fil autant d’objets sonores que l’on souhaite sans limites.

Ce système pourra s’implémenter sur les radios, mais aussi sur d’autres objets sans haut-parleur apparent.

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