Portrait de Maker #103 : Simon Chapalain

Osthéopathe, enseignant en neurologie et Maker passionné, Simon Chapalain ne cesse d’apprendre et de s’enrichir du monde qui l’entoure. En 2011 il fonde OWLAB-Project, un laboratoire de recherche d’ingénierie pédagogique qui a pour objectifs d’améliorer la qualité de l’enseignement et de l’apprentissage de l’anatomie et de la biologie. Mettant à disposition des outils pédagogiques existants et en créant ceux qui n’existent pas, les étudiants et les enseignants sont ainsi à la fois utilisateurs, initiateurs et concepteurs. Inspiré et créatif, Simon n’a pas fini de vous surprendre !

Qui es-tu ?

Je m’appelle Simon CHAPALAIN.

Je suis ostéopathe en exercice à Rennes depuis 2008, Enseignant en neurologie au sein de l’IORB depuis 2011 et fondateur d’OWLAB-Project depuis 2019.

Ostéopathe et enseignant en neurologie, le corps humain n’a pas de secrets pour toi. Quel a été ton parcours et d’où te vient cet intérêt pour l’anatomie ?

C’est vrai qu’il a moins de secrets pour moi cependant il en a encore pas mal et c’est ce qui rend l’aventure exceptionnelle.

Depuis toujours j’adore comprendre comment les choses fonctionnent et comment elles sont fabriquées (que ce soit un moteur, un appareil électronique, un arbre ou un humain). Déjà au collège j’ai commencé à étudier le fonctionnement du corps humain par mes propres moyens. Je me suis dirigé vers la profession d’ostéopathe car ce cursus proposait un enseignement riche en anatomie et m’a ainsi permis d’acquérir une profonde connaissance dans ce domaine. Une fois mon diplôme obtenu j’ai ouvert mon cabinet mais j’ai continué mes études en parallèle afin de devenir enseignant.

En parallèle de ton activité d’ostéopathe et d’enseignant, tu as fondé OWLAB-Project, un laboratoire de recherche d’ingénierie pédagogique. Comment t’est venue l’idée d’un tel projet ?

L’apprentissage de l’anatomie a de tout temps été extrêmement laborieux. Étant conscient des difficultés qu’ont certains étudiants dans le processus d’acquisition de ces notions complexes, j’ai cherché de nouvelles méthodes pédagogiques. J’enseigne la neurologie depuis 10 ans j’étais assez frustré de faire des monologues de 4h devant des étudiants assis et passifs.

J’ai donc voulu créer un environnement au sein duquel il y aurait un maximum de possibilités d’apprentissage afin que chaque individu y trouve son compte. C’est une actualisation et une modernisation de l’enseignement basée sur nos connaissances actuelles en neurosciences. J’ai donc proposé à mon école la création d’un équivalent de Fablab dédié à l’anatomie et la biologie.

Aujourd’hui, c’est un espace collaboratif extra scolaire gratuit réunissant enseignants et étudiants autour d’une même mission. OWLAB ne se substitue pas à l’enseignement actuel mais le complémente.

Concrètement, quel est le but d’OWLAB-Project, qu’est ce qu’on y fait et à qui est destiné ce lieu ?

OWLAB vise en effet deux objectifs : mettre à disposition des outils pédagogiques existants et créer ceux qui n’existent pas. Les étudiants et enseignants sont ainsi à la fois utilisateurs, initiateurs et concepteurs.

Nous nous efforçons d’améliorer la qualité de l’enseignement et de l’apprentissage de l’anatomie et de la biologie pour tous ceux qui en ont envie.

Owlab signifie otherwise to learn anatomy c’est donc un espace où l’on peut apprendre, expérimenter ou appréhender l’anatomie et la physiologie de plein de manières différentes.

C’est un « UserSpace » qui va centraliser le maximum possible d’outils physiques ou numériques existants cet espace permet le partage de ressources matériel et intellectuel afin d’améliorer la connaissance sur le corps humain. C’est également un « Makerspace » où chaque enseignant ou étudiant peut proposer la conception d’un outil physique ou immatériel afin d’améliorer la transmission de ses connaissances.

Au sein d’OWLAB Project, l’impression 3D et les outils numériques font partie intégrante de l’apprentissage. Quels usages fais-tu de ces outils pour permettre aux étudiants de comprendre le fonctionnement du corps humain ?

On utilise certaines applications 3D sur un écran tactile mobile de taille humaine plutôt que de les visualiser sur une tablette ou la réalité virtuelle est une révolution pour la visualisation du corps humain. On peut maintenant entrer dans organes, les observer sous tous les angles, faire de la dissection virtuelle.

L’impression 3D permet de concevoir des modèles explicatifs adaptés et des pièces anatomiques de toutes les tailles. Chaque création est reproductible et évolutive.

On travaille également sur des outils comprenant de la programmation électronique avec Arduino.

Quel est le projet le plus dingue sur lequel tu as travaillé avec tes étudiants ?

Notre projet de fabrication d’un squelette humain anatomique articulé de 5 mètres de haut reste mon chouchou du moment. Il est fait entièrement en impression 3D. Les étudiants ayant une appétence pour l’informatique participent à la conception et la modélisation du squelette. Les bricoleurs assemblent les différentes pièces et les pâtres à la main puis les ponces. Les adeptes  du pinceau le peignent. Chacune de ces activités permet aux étudiants, en fonction de leurs affinités d’appréhender le corps humain à sa manière.

Quelles sont tes ambitions pour les mois à venir ?

Notre ambition principale est de développer OWLAB auprès de nouveaux partenaires, afin de faire profiter un maximum d’étudiants à notre concept.

Nous souhaitons également à court terme intégrer un infographiste/modeleur 3D afin d’améliorer notre processus de fabrication et obtenir de meilleurs rendus.

Nous continuerons également à partager notre travail dans des salons et expositions en Ille et vilaine. Le train OWLAB est en marche !

Jean-Marc Méléard
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