Portrait de Maker #101 : Willy Rousseau alias WillyBlix

Artiste et Performer, Willy Rousseau alias WillyBlix a fait de l’art plastique et de la musique des disciplines indissociables. Travaillant le métal, les automates et les sculptures sonores qu’il conçoit sortent tout droit d’un univers fantastique, la bande dessinée et le cinéma de science-fiction étant pour lui des références d’où il tire son inspiration. Faisant partie du réseau international du Naïa Museum à Rochefort-en-Terre, WillyBlix y expose plusieurs de ces oeuvres. Actuellement, il travaille sur la finalisation d’une performance intitulée « ÉLECTRO-AIMANTS », une fusion de toutes les disciplines artistiques qu’il affectionne : les automates du 18ème siècle, l’art nouveau, la science-fiction, la création sonore et qu’il vous sera possible de voir bientôt.

Qui es-tu ?

Je suis Willy Rousseau alias WillyBlix. Artiste plasticien / Performer.

Artiste sculpteur/performer tu travailles essentiellement le métal. Quel a été ton parcours et d’où te vient cet intérêt pour ce matériau ?

Mon parcours professionnel artistique évolue depuis ma plus tendre enfance avec ma première passion : le dessin.

Après des études d’Arts Plastiques (Beaux-Arts de Tours), je rencontre le milieu du spectacle vivant et le théâtre de rue. Je suis rapidement sollicité par différentes compagnies et associations en tant que décorateur. C’est en étant employé dans une compagnie de marionnettes, que je réalise mes premières structures en métal au service de différents décors, marionnettes et accessoires.

Puis, je crée en 2000 ma propre compagnie : Cie Mutation Urbaine, qui mettra en scène pendant 10 ans mon univers artistique avec des comédiens, marionnettistes et danseurs. Pendant cette période, je travaille sur la machinerie de spectacle en particulier et je confectionne marionnettes robotisées et machines motorisées.

Le travail du métal s’impose donc pour répondre aux contraintes techniques (solidité des objets manipulés…) et je me perfectionne sur différentes techniques de soudure pour la production de
mécanisme et d’articulations pour des machines de spectacle. Après une formation au CFPTS à Paris (corde à piano/dinanderie), je suis devenu formateur sur un stage de mécanismes pour petites machines de spectacle.

C’est avec l’acquisition de cette technique de soudure au chalumeau de la corde à piano (acier ressort), que je crée ma deuxième performance sonore : « Mantis Soothsayer », un hommage à
la mante religieuse.

WillyBlix Performance from Willy Blix on Vimeo

Depuis quelques années, je travaille le métal comme matériau principal à la réalisation de sculptures et d’automates contemporains pour des expositions / ventes. La réalisation de machines de spectacle répond à mes propres projets de performances sonores. Mais je peux aussi réaliser sur commande des accessoires, petites machines ou marionnettes pour des compagnies de spectacle.

Les automates et les sculptures sonores que tu conçois sortent tout droit d’un univers fantastique. Quelles sont tes références ?

L’univers fantastique était déjà très présent dans les créations de la Cie Mutation Urbaine. Les costumes et les machines de spectacle étaient très inspirés de la bande dessinée et du cinéma
de science-fiction (Moebius, Métal Hurlant…mais aussi H.R. Giger).

Ma première performance sonore : M.O.P (Mechanical Orchestra Project) voit le jour à la fin de la Cie Mutation Urbaine. C’est aussi la naissance du solo WillyBlix. Les automates musiciens de M.O.P étaient un clin d’oeil aux « Robots Band » que l’ingénieur belge Zenon Specht a créé dans les années 1950.

L’art plastique et la musique sont pour moi des disciplines indissociables. Les mécanismes, le métal, le bois, les matériaux en général sont autant d’opportunités à créer des sons. Le sculpteur devient alors facteur d’instruments.

Dans l’histoire de la musique, nombreux sont les inventeurs d’instruments, passant du statut de bricoleurs ingénieux à musiciens avant-gardistes : Les Residents, Kraftwerk, Klaus Schulze…
mais aussi le fameux groupe allemand : Einsturzende Neubauten, sont autant de sources d’inspiration.

Depuis deux ans tu travailles sur une nouvelle performance sonore qui se nomme « ÉLECTRO-AIMANTS ». Peux-tu nous en dire davantage sur ce projet ?

« ÉLECTRO-AIMANTS » est une fusion de toutes les disciplines artistiques que j’affectionne : les automates du 18ème siècle, l’art nouveau, la science-fiction, la création sonore.

Entièrement autofinancé, j’ai travaillé une année sur l’esthétique globale de l’instrument hybride, la conception des mécanismes motorisés et la recherche sonore avec les différents matériaux. Le projet est en constante évolution mécanique et s’agrémente de jour en jour de nouvelles compositions musicales. Tout en gardant le côté expérimental de la création sonore, « ÉLECTRO-AIMANTS », avec son tambour mécanique et sa Métabass électrique, offre une grande liberté de composition musicale.

Comment t’est venue l’idée d’un tel projet ?

Le point de départ de la réalisation de ce projet fait référence aux automates musiciens du 18ème siècle. Les grands maîtres horlogers de l’époque : Vichy, Lambert, Roullet et Descamps, ont fabriqué plusieurs automates mécaniques musiciens qui disposaient de boîtes à musique intégrée à leurs mouvements. Souvent à l’effigie de clown, pour le côté forain du personnage, on peut, en les regardant plus attentivement, leur trouver un look assez Punk par leurs vêtements et leurs coiffures. Ce mélange du « jouet ancien » mécanique pour collectionneur et la musique expérimentale est le point de départ de mon envie de réaliser « ÉLECTRO- AIMANTS ».

Dans mes créations, je souhaite que les spectateurs puissent faire un voyage dans le temps, c’est pourquoi j’aime mélanger les époques et les technologies.

Dans « ÉLECTRO-AIMANTS », la mécanique est directement confrontée à l’électricité et à l’électronique des effets sonores. Offrant alors un visuel proche de l’automate du 18ème siècle, avec des sons mécaniques poétiques et pouvant basculer vers un son électrifié post punk apocalyptique.

Les automates du 18ème siècle mesuraient environ 75 cm. L’idée d’« ÉLECTRO-AIMANTS » est de jouer sur la différence d’échelles et de projeter le spectateur devant un automate musicien
à échelle humaine.

Tu fais partie du réseau international du Naïa Museum à Rochefort-en-Terre dans lequel tu exposes régulièrement automates et sculptures. Quelles créations exposes-tu en ce moment ?

Depuis 4 ans, j’ai la chance que mon travail soit présenté au Naïa Museum à Rochefort-en-Terre. Ce réseau d’artistes internationaux est pour moi unique en France et me correspond vraiment artistiquement et humainement.

En ce moment, on peut y découvrir « Odonata », un automate libellule et la sculpture « Arakys ». J’ai hâte de pouvoir présenter davantage de mes œuvres et de jouer « ÉLECTRO-AIMANTS » dans le cadre du festival le Cercle Cubik, qui a lieu tous les deux ans au Naïa Museum.

Hormis la performance « ÉLECTRO-AIMANTS », as-tu des projets en cours ? Si oui, quels sont-ils ?

La scénographie et la composition quotidienne de la musique d «ÉLECTRO-AIMANTS » me prennent beaucoup de temps et je suis en démarchage pour la diffusion du projet pour le printemps prochain. J’ai déjà présenté une formule d’« ÉLECTRO-AIMANTS » au mois d’août 2021 au festival BienVenus sur Mars au Mans. Dans le contexte actuel, pouvoir rencontrer le public devient nécessaire. J’espère être présent avec « ÉLECTRO-AIMANTS » sur de nombreux événements artistiques en 2022.

En parallèle, je continue mon travail de sculpture. Depuis septembre, je travaille sur un projet d’envergure pour le très beau jardin d’un gîte en Auvergne : une sculpture en acier de trois mètres de haut représentant une grue japonaise.

Cette première réalisation « monumentale » souhaite être « une carte de visite » pour créer des œuvres qui pourront être louées par des festivals ou acheter par des collectivités territoriales ou des particuliers.

Quels sont tes objectifs pour les mois à venir ?

Je termine la grue japonaise pour fin février.

Je participe aux JEMA à Sauxillanges (63) pour début avril 2022. Cet événement sera l’occasion de présenter plusieurs de mes œuvres (dont la grue japonaise) et de jouer la
performance « ÉLECTRO-AIMANTS » durant ce weekend d’exposition.

Je continue le démarchage afin de trouver des lieux et des dates pour présenter « ÉLECTRO-AIMANTS » et dispose de quelques sculptures qui pourraient trouver une complicité artistique au Naïa Museum, par exemple.

Les commandes de sculptures font partie de mon travail quotidien, je souhaite vraiment développer cette activité dans les années à venir avec toujours cette phrase en leitmotiv : « Poursuivre est l’occupation de notre vie entière » William Hogarth, Analyse de la beauté, 1753.

Jean-Marc Méléard
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