Portrait de Makers #196 : Simon Cénet et Evan Dessables

Simon Cénet et Evan Dessables, 18 ans, se sont rencontrés en filière STI2D. Ils ont fondé Liova, un projet qui réutilise des batteries lithium-ion de téléphones pour créer des kits modulaires et réparables, prolongeant leur vie et réduisant les déchets électroniques. Open source et accessibles aux Makers, ces kits permettent d’apprendre, de réparer et d’innover. Distingué aux Olympiades de Sciences de l’Ingénieur et au concours Samsung Solve for Tomorrow, Liova collabore avec Phoner pour donner une dimension locale et concrète à leur démarche.

Qui êtes-vous ?

Nous nous appelons Simon Cénet et Evan Dessables, nous avons 18 ans et nous sommes respectivement en bachelor audiovisuel à Rennes Ynov Campus et en BTS CRSA au Lycée Joliot Curie.

Nous nous sommes rencontrés en classe de première STI2D, une filière qui nous a permis de découvrir et de développer des compétences dans plusieurs domaines, notamment l’écoconception, l’innovation, la conception de produits, ainsi que la réflexion autour de l’impact environnemental des objets technologiques.

Pouvez-vous nous parler de votre parcours et de ce qui vous a conduit à lancer le projet Liova ?

L’idée de Liova est née d’une situation très simple. Nous avions un téléphone qui ne fonctionnait plus, mais dont la batterie était encore parfaitement opérationnelle. Plutôt que de la jeter, nous avons voulu la réutiliser pour fabriquer une batterie externe.
Ce constat nous a rapidement interpellés : pourquoi des batteries encore fonctionnelles deviennent-elles des déchets simplement parce que l’appareil autour ne fonctionne plus ?

C’est à partir de cette question qu’est né le projet Liova.

Pourquoi avoir choisi de réutiliser des batteries issues d’appareils numériques plutôt que d’en produire de nouvelles ?

La fabrication d’une batterie lithium-ion neuve nécessite l’extraction de ressources rares, comme le lithium ou le cobalt, ainsi qu’une grande quantité d’énergie. Pourtant, de nombreuses batteries qui ne sont plus utilisées conservent encore une capacité suffisante pour être utilisées dans d’autres usages.

La réutilisation permet ainsi de prolonger la durée de vie de ces composants, tout en limitant la production de nouvelles batteries et l’impact environnemental associé.

Concrètement, quelles batteries utilisez-vous et comment sélectionnez-vous celles encore en bon état ?

Liova repose principalement sur des batteries lithium-ion provenant d’appareils numériques.

Avant toute réutilisation, celles-ci sont sélectionnées selon plusieurs critères : absence de gonflement ou de détérioration, tension correcte et comportement électrique stable. Seules les batteries jugées fiables et encore exploitables sont intégrées dans les kits Liova.

En quoi Liova se distingue-t-il des batteries externes classiques que l’on trouve sur le marché ?

Contrairement aux batteries externes traditionnelles du marché, fabriquées à partir de cellules neuves et difficilement réparables, Liova propose une approche différente.

Le projet repose sur :

  • le réemploi de composants,
  • une conception modulaire,
  • une possibilité de réparation et d’évolution,
  • une fabrication locale et accessible.

Liova n’est pas seulement un produit, mais une démarche de conception responsable.

Pourquoi avoir fait le choix d’un projet open source et d’une fabrication accessible aux Makers ?

Le choix de l’open source s’inscrit dans une volonté de transparence et de partage. Il permet aux Makers de comprendre, reproduire et améliorer le système. Cela favorise l’innovation collective et encourage une production plus locale, plus sobre et mieux adaptée aux besoins.

Quel impact environnemental souhaitez-vous avoir à travers Liova, face aux enjeux liés au lithium et aux déchets électroniques ?

À travers Liova, l’objectif est de réduire la quantité de batteries jetées prématurément et de limiter l’exploitation de ressources naturelles.

En prolongeant la durée de vie des batteries avant leur recyclage final, le projet contribue à diminuer les déchets électroniques et à promouvoir une logique d’économie circulaire.

Les distinctions obtenues (Olympiades de Sciences de l’Ingénieur, Samsung Solve for Tomorrow) ont-elles changé la trajectoire du projet, et comment avez-vous décidé de participer au concours Samsung Solve for Tomorrow ? Qu’est-ce que cette expérience vous a apporté pour Liova et pour vous ?

Le projet Liova a été présenté dans plusieurs concours et événements, notamment Samsung Solve For Tomorrow, qui a permis de structurer davantage la démarche et d’envisager son développement à plus grande échelle.

Ces expériences ont renforcé notre motivation et confirmé l’intérêt d’une solution de réemploi des batteries.

La collaboration avec Phoner marque une nouvelle étape : que représente-t-elle pour vous ?

La collaboration avec Phoner, une chaîne de magasins de réparation de téléphones, constitue une étape importante du projet. Elle permet de récupérer des batteries issues de réparations et d’inscrire Liova dans une logique locale et professionnelle. Cette coopération illustre la faisabilité du projet.

Quelles sont les prochaines étapes et vos ambitions pour Liova dans les mois et années à venir ?

À court terme, Liova vise à améliorer les prototypes existants et à renforcer la fiabilité et la sécurité du système.

À moyen et long terme, l’objectif est de développer un kit reproductible, destiné notamment aux réparateurs, et de continuer à faire évoluer le projet grâce aux retours des utilisateurs.

Liova ambitionne avant tout de démontrer qu’il est possible de concevoir autrement, en plaçant la durabilité et le bon sens au cœur de l’innovation.

Jean-Marc Méléard
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