
Titouan et Nino Roux Soumy sont deux frères passionnés d’aéronautique et fondateurs de Hip Flight, un simulateur de vol Airbus créé en 2020 et ouvert au public en 2024. Né d’une première expérience de simulation réalisée à partir d’un équipement simple, le projet s’est développé au fil des années pour devenir un simulateur à l’échelle 1, proche du cockpit d’un A320, conçu et fabriqué par les deux frères avec l’aide de bénévoles. Porté par une association à vocation solidaire, Hip Flight rend l’aéronautique accessible à tous à travers des heures de vol, des formations, des stages contre la peur de l’avion, la préparation au BIA et la découverte des métiers de l’aviation. En 2026, le projet poursuivra son évolution avec un espace passagers rénové et de nouvelles améliorations du cockpit.
Qui êtes-vous ?
Nous sommes Titouan et Nino, deux frères passionnés par l’aéronautique et fondateurs de Hip Flight, un simulateur de vol d’Airbus. Créé en 2020, il a été lancé au public en 2024. Le simulateur se compose d’une partie cockpit, permettant le pilotage complet des modèles Airbus, ainsi que d’un espace passagers à l’arrière, afin de reproduire une immersion complète pour les accompagnateurs et les adhérents. Notre association intervient dans un cadre solidaire, pour la promotion du secteur de l’aéronautique pour tous, toutes classes sociales confondues.

D’où vous vient votre passion pour l’aviation et comment est née l’idée de construire votre propre simulateur de vol ?
Depuis notre plus jeune âge, nous avons eu la chance de voyager. L’avion était pour nous synonyme de voyage, de découverte et a toujours été assimilé au plaisir et à la curiosité. Il n’est ainsi pas anodin de constater qu’un peu plus tard, nos passions et perspectives d’avenir étaient liées au secteur aérien. En 2020, Nino, dont le rêve a toujours été d’être pilote de ligne, a trouvé par hasard sur le web l’existence des logiciels de simulation de vol. En commandant cela à Noël, nous avons piloté pour la première fois à l’aide d’un joystick de simulation basique. Titouan a ensuite proposé de le rendre public, Hip Flight n’est que le fruit des années de travail qui ont suivi cette proposition. Il confie d’ailleurs que : « Depuis notre plus jeune âge, nous avons toujours aimé organiser des projets et les partager. Ça a commencé avec notre famille puis, notre radio (radio nomade) a exposé cela dans le cadre public. »
Quel simulateur (logiciel et matériel) utilisez-vous aujourd’hui et pourquoi ce choix ?
Nous utilisons aujourd’hui la suite de simulation de Microsoft pour le logiciel de vol. Le cockpit a entièrement été créé par nous-mêmes, accompagnés par Quentin Whal, un menuisier bénévole. L’ensemble des logiciels clients (sites de réservation, logiciels de suivi de vols sur les tablettes pilotes, logiciels PNC et PNT…) ont été codés par nos bénévoles.

Ouest-France
Comment vous êtes-vous lancés concrètement dans la fabrication du simulateur et quelles ont été les principales étapes ?
Notre première démarche a été de contacter Quentin, menuisier bénévole, ainsi que d’établir la liste du matériel nécessaire à la construction. Ayant touché deux bourses, la majorité du financement était assurée. Nous avons commencé par construire une structure épousant le quart du local qui servira plus tard de zone d’attache (nous ne pouvons pas nous fixer au mur). L’ensemble du home cockpit a ensuite été créé petit bout par petit bout avant de s’attaquer à l’espace passagers. Au total, un an de travail a été nécessaire à la construction de ce projet.
Qu’avez-vous appris, à la fois techniquement et humainement, en développant ce projet à deux et si jeunes ?
D’un point de vue technique, tous les sujets liés au monde du numérique ont été abordés : codage de logiciels, serveurs web, assemblage d’ordinateurs, électronique… En parallèle, le fait de créer un projet aussi ambitieux et d’y consacrer autant d’importance nous a permis de faire de magnifiques rencontres, de créer un réseau professionnel, de découvrir le monde de l’aéronautique d’une manière plus complète grâce à de belles opportunités et, bien sûr, grâce à tout cela, de nous créer à jamais des souvenirs inoubliables.
En quoi votre simulateur se distingue-t-il aujourd’hui des premières versions que vous avez construites ?
Si nous comparons la plus ancienne version de notre simulateur et sa version actuelle, il est difficile de trouver des points communs. En effet, celui-ci est maintenant à l’échelle 1, adapté de près au cockpit de l’Airbus A320 (et ainsi, par similitude, de l’A330 et de l’A321). Par ailleurs, il est constitué d’une multitude de modules de simulation : joystick de pilotage, palonniers, manettes des gaz, gestion des moteurs, pilote automatique, contrôleur de vol et bien d’autres. Cela nous permet de ressentir, sans mouvement, l’ensemble des sensations du vol et d’améliorer ainsi grandement l’immersion et le réalisme du vol. Dans nos premières versions, nous ne recherchions qu’une forme rapprochée du cockpit et faisions abstraction de la complexité des modules de simulation, ce qui contraste grandement avec notre vision actuelle du projet.
Pourquoi avoir créé l’association Hip Flight et quelle est sa mission principale ?
Le statut de junior association nous permet de concrétiser notre projet et ainsi de débloquer des possibilités d’évolution. Par exemple, certaines bourses ne sont disponibles que par ce statut et la création de comptes bancaires professionnels pour mineurs est difficile sans celui-ci.
Que proposez-vous aujourd’hui au public à travers Hip Flight et à qui s’adresse cette expérience ?
À travers ce projet, nous cherchons à toucher un public très large. En effet, nous proposons aujourd’hui une large gamme de panels pour petits et grands, passionnés ou intéressés. Les activités les plus prisées sont forcément les heures de vol en simulateur et les formations. De plus, nous proposons un stage contre la peur en avion qui se déroule sur une échelle de trois séances d’1h30 pour aborder la théorie, la pratique ainsi que découvrir le déroulement d’un vol depuis notre espace passagers. Enfin, nous venons d’ouvrir une classe de préparation au BIA, le premier diplôme gratuit reconnu par l’État garantissant des connaissances en aéronautique (à partir de 14 ans). Enfin, pour les passionnés, les stages de préparation au CCA (Cabin Crew Attestation) et de découverte des métiers de l’aviation (orientation future) leur permettent de se préparer aux études supérieures.

L’ouverture au public à l’espace Debussy marque une étape importante : qu’est-ce que cela change pour vous ?
Cette ouverture a permis une concrétisation de notre projet. Comme nous l’avons dit lors de l’ouverture : « il était temps que le projet se lance ». En effet, cela a marqué la fin de trois ans de préparation et d’un an de construction. Nous sommes très fiers d’avoir pu ouvrir notre propre local, et nous remercions chaleureusement la mairie ainsi que Christophe Lebihan pour leur soutien.

Quels sont vos projets et ambitions pour Hip Flight, et pour vous, dans les mois et années à venir ?
En termes de vision d’évolution future, nous cherchons à développer le projet pour qu’il touche encore plus de personnes et qu’il soit également plus réaliste. En 2026, l’espace passagers sera refait à neuf et le cockpit subira de nouvelles modifications. Par ailleurs, il est possible que, dans les années à venir, le projet se démocratise dans différentes communes alentour afin de développer, pour tous, une possibilité de voler d’une manière peu polluante et peu onéreuse.